samedi 14 janvier 2012

La perte du AAA compromet la réélection de Sarkozy



«Si la France perd son triple A, je suis mort.» Cette déclaration de Sarkozy date du mois d’octobre, une époque où le gouvernement vantait encore la stabilité économique de la France. A 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’annonce de la dégration du AAA français par l’agence Standard&Poor’s sonne comme un coup de tonnerre pour le président qui misait en grande partie sa réélection sur la sauvegarde de la note souveraine de la France.

En pleine crise économique, Nicolas Sarkozy a fait de la conservation du AAA son cheval de bataille en se posant comme le seul garant possible de la stabilité économique de la France. Son argument principal ? Protéger le triple A pour garder la confiance des marchés pour pouvoir continuer à emprunter à un taux d’intérêt de 3% et limiter l’accroissement de la dette.

Le triple A au coeur de la campagne 

Le chef de l’Etat a anticipé et relativisé dans ses discours la possible perte d’un triple AAA qui semblait pour tous les experts inévitables. Seulement, Nicolas Sarkozy ne s’attendait probablement pas à voir Standard&Poor’s dégrader la note de la France aussi rapidement. Une situation plus que périlleuse pour le président qui a bati sa stratégie de «pré-campagne» sur la santé économique du pays en espérant que le AAA tiendrait jusqu’à la fin du deuxième tour de la présidentielle.

Sa posture de sauveur et capitaine du navire France en pleine tempête économique est désormais entachée. C’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a amené sur la table le thème du triple A qui était jusqu’alors méconnu du grand public. La dégradation de la note va donner l’occasion à l’opposition, qui s’était jusqu’ici toujours élevée contre le dictat des agences de notations, de tomber à bras raccourcis sur le président.

En élevant le triple A au statut de patrimoine national à protéger vaille que vaille, Sarkozy s’est lui-même exposé à un effet boomerang qu’il lui sera difficile d’évacuer du débat politique lorsqu’il sera l’heure pour lui d’affronter ses adversaires.

Des chances de réélection proches de zéro ?

Les commentaires vont déjà bon train sur les réseaux sociaux et les sites d’information et pour certains la course à la présidentielle est d’ores et déjà finie pour Nicolas Sarkozy qui aurait déjà compromis ses chances d’être réélu.

Marine Le Pen s’est déjà engagée dans la brèche ouverte par la dégradation de la note de la France en déclarant sur Europe1 que c’était «la fin du mythe du président protecteur». Christine Boutin s’est quant à elle exprimée sur Twitter en affirmant : «Nicolas Sarkozy est maintenant au pied du mur, ce n’est plus le temps des mesurettes.»

Même si la France suit le chemin de certains pays comme les Etats-Unis (dégradés en août 2011) qui n’ont pas trop souffert de l’abaissement de leur note sur le plan économique, Sarkozy restera aux yeux de l’opinion le président qui n’aura pas su conserver son triple A. Seule option pour lui, faire le dos rond et laisser passer l’orage mais le mal semble déjà fait.


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