mardi 27 décembre 2011

Moi, Bachar, dictateur par hasard...


Le personnage semble réservé, effacé, presque introverti. Rien à voir avec un Kadhafi ou un Saddam Hussein. Pourtant, la révolte syrienne risque de réserver le même sort à Bachar al-Assad que celui qu’ont subit ses défunts «collègues». Son caractère posé et réfléchi pourrait presque laisser penser qu’il s’agit d’un despote éclairé mais cela fait pourtant près de neuf mois, depuis le début de la contestation populaire en Syrie, qu’il est rangé par les médias au même niveau que les Ben Ali, Moubarak et consorts.

Bachar al-Assad a une trajectoire particulière. Contrairement à la plupart des dictateurs du monde arabe il n’a pas pris le pouvoir par la force mais par népotisme. Et quand bien même, Bachar n’est qu’un plan B, il n’aurait jamais du accéder au pouvoir. C’est Bassel, son frère aîné de quatre ans qui a été choisi par leur père Hafez pour lui succéder. Bassel a été programmé pour prendre le pouvoir, il est charismatique, turbulent et viril, tout le contraire de son frère qui s’accomode plutôt bien de cette répartition des rôles qui lui permet de rester dans l’ombre et de vivre sa vie.

La sortie de route qui bouleverse son destin

Bachar imagine certainement que sa vie est déjà toute tracée. Après son doctorat de médecine il part se spécialiser en ophtalmologie à Londres, loin de lui l’idée de succéder un jour à son père. Le destin va pourtant en décider autrement. Bassel est connu pour son amour des voitures de sport, une passion qu’il va payer cher. Le 21 janvier 1994, il se dirige vers l’aéroport de Damas au volant de sa Mercedes, comme souvent il roule trop vite mais cette fois-ci il sort de la route et se tue sur le coup. Certains croient toujours à la thèse de l’assassinat, la version officielle reste l’accident de la route. Une chose est sûre, cette tragédie n’était pas prévue dans les différents scénarii du patriarche Hafez el-Assad et elle va bouleverser le destin de Bachar.

Bachar est toujours à Londres lorsque son père le rappelle d’urgence en Syrie. Quitter l’Angleterre pour rejoindre son pays natal et prendre la suite de son frère ne l’enchante guère. C’est à Londres qu’il rencontre Asma al-Akhras, une Syrienne sunnite qui deviendra sa femme. C’est là-bas également qu’il va prendre goût à la vie occidentale, un trait de personnalité qui va lui valoir la bienveillance de la communauté internationale qui espère le voir réformer la très conservatrice société syrienne.

En attendant, lorsqu’il rentre en Syrie en 1994, Bachar n’est pas encore près à gouverner et il doit faire ses preuves. Oubliée l’ophtalmologie, son père l’envoie à l’académie militaire où il devient colonel en l’espace d’à peine cinq ans. C’est un passage obligé. L’armée est un pilier du régime tellement important qu’elle ne doit en aucun cas être négligée et Bachar a ainsi réussi à obtenir son respect.

Un néophyte qui apprend vite

Le retour de Bachar en Syrie marque aussi le début de son initiation aux arcanes de la politique syrienne. Son père veut faire de lui son successeur qui prolongera la dynastie des al-Assad et pour cela Bachar va devoir faire ses preuves. Pour s’imposer, il doit se faire sa place parmi les hommes forts du régime qui se verraient bien prendre la place d’Hafez.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à ce petit jeu, Bachar est plutôt doué et il apprend très vite. Exit les bonnes intentions de l’ophtalmologue qui aide son prochain, Bachar se transforme en requin de la politique et écarte coup sur coup son oncle, le frère de Hafez, Rifaat al-Assad et le vice-président Abdel Halim Khaddam.

Dès son accession au pouvoir à la mort de son père en 2000, Bachar incarne un espoir réformateur. Il se pose comme la figure de proue de la libéralisation du régime et de la lutte contre la corruption. Ces promesses séduiront les occidentaux en particulier Jacques Chirac qui sera le premier à le recevoir à l’Elysée en 2001. Des velléités réformatrices qui semblent aujourd’hui bien éloignées tant la répression est sans pitié actuellement en Syrie.

Une telle violence correspond mal au caractère de Bachar al-Assad même si pour certains, il ne fait que reproduire la stratégie qu’a utilisée son père pour mater l’insurrection de Hama en 1982. Pour d'autres, il n'est que la marionnette du régime. Ce serait son frère, Maher, le chef de la garde présidentielle, et sa sœur Bouchra qui tireraient les ficelles en coulisse. Difficile de démêler le vrai du faux mais force est de constater que malgré ses dissensions, le clan al-Assad fait bloc. C'est en tout cas un drôle d'itinéraire que celui de Bachar, un dictateur-ophtalmologue qui mène une répression aveugle.

lundi 19 décembre 2011

Rabee Alhayek : «Nous attendons de la France qu’elle sanctionne le régime de Bachar»


Rabee Alhayek travaille en France depuis 7 ans en tant qu’ingénieur et est aussi un militant actif du collectif Souria Houria qui fait campagne depuis plusieurs mois pour alerter l’opinion française de la situation en Syrie.

Dans quel but vous et vos amis syriens vivant en France avez-vous décidé de créer le collectif Souria Houria?
Nous avons décidé de créer Souria Houria pour promouvoir la cause syrienne en France et dénoncer les exactions du régime de Bachar Al-Assad. Chaque samedi, nous organisons une manifestation place du Châtelet à Paris, une place où nous avons également manifesté tous les jours durant le mois d’août. Cela a été un bon moyen pour nous de médiatiser notre combat car si les journalistes avaient besoin d’informations sur la Syrie, ils savaient où nous trouver.

Quel est l’intérêt pour vous en tant que Syriens installés en France de manifester contre une situation qui se déroule à plusieurs milliers de kilomètres d’ici?
L’objectif principal c’est de faire le pont entre ce qui se passe en Syrie et la communauté internationale. Même si Internet reste très contrôlé par le régime de Bachar, on arrive à avoir pas mal de contacts avec les insurgés via Twitter ou Facebook car il existe des logiciels pour contourner la censure. Par notre action, on veut aussi faire pression sur le gouvernement français pour qu’il prenne des mesures plus dures contre le régime syrien.

Une intervention militaire de l’OTAN comme cela a été fait en Libye vous semble envisageable?
Non, nous ne voulons pas d’une intervention militaire. Nous attendons de la France qu’elle sanctionne le régime de Bachar. Des sanctions économiques pourraient très rapidement asphyxier la dictature. Des entreprises occidentales telles que Total ou Shell continuent d’exploiter le pétrole syrien et ce que nous demandons c’est que ces entreprises cessent leur activité jusqu’au départ de Bachar Al-Assad. Nous voudrions aussi que des entreprises comme Blue Coat arrête de vendre des logiciels espions qui permettent au régime syrien en place de contrôler Internet.

On a beaucoup parlé dans le courant du mois d’août d’agressions contre les militants anti-Bachar par les pro-Bachar à Paris. Avez-vous assisté à ces affrontements?
Oui tout à fait, j’étais parmi les militants qui se sont fait agresser par des pro-Bachar. Deux de mes compagnons se sont retrouvés à l’hôpital et cette action était clairement pilotée par le régime. Nous avons pu parler avec deux policiers chargés de l’enquête et ils nous ont confié que deux des trois agresseurs disposaient d’un passeport diplomatique. C’est classique de la part de la dictature syrienne. Dans tous les pays du monde, les militants contre le régime subissent ce genre d’actions. Le musicien syrien Malek Gendali a joué récemment à New-York le morceau «Watani» qui signifie «notre peuple» et des miliciens à la solde de Bachar sont allés chez ses parents en Syrie pour les passer à tabac. Par ce genre d’action le régime fait passer un message : «Nous sommes toujours là et nous ne céderons pas». Mais les insurgés sont là aussi et ils commencent à s’organiser en particulier avec l’Armée Libre Syrienne.

Justement, avec la création de l’ALS, n’avez-vous pas peur que la Syrie bascule dans la guerre civile?
Vous savez, la contestation a commencé depuis plus de 8 mois maintenant alors vient un moment où il faut agir. L’ALS est formée de soldats déserteurs et son but principal est de protéger les civils et de se défendre contre l’armée de Bachar mais pas d’attaquer. Je sais que l’Armée Libre a récemment attaqué une caserne de l’armée mais je pense que c’était plus un moyen de faire passer un message, en tout cas je le souhaite.

Vous vivez en France depuis 7 ans mais si Bachar Al-Assad finit par quitter le pouvoir, envisageriez-vous de rentrer en Syrie pour reconstruire le pays comme beaucoup de Tunisiens ont pu le faire après le départ de Ben Ali?
Une majorité de Syriens ont quitté le pays à cause du régime en place, j’en fais d’ailleurs partie. Je serais donc parfaitement disposé à repartir en Syrie après la chute de Bachar pour apporter mon aide. Beaucoup de mes compagnons de Souria Houria sont dans le même état d’esprit mais pour le moment nous n’en sommes malheureusement pas encore là.

mercredi 27 juillet 2011

Extrême droite : la France et la Norvège dans le même bateau


Selon son avocat, l’auteur présumé du massacre norvégien Anders Behring Breivik est atteint de démence tant ses propos et la justification de ses actes semblent incohérents. Les spécialistes statueront eux-mêmes sur ce cas et nous dirons si Breivik est bel et bien fou au sens médical du terme. Pourtant, il est loin d’être le seul à partager cette idéologie fondamentaliste chrétienne d’extrême droite qui fantasme sur le déclenchement inéluctable d’une guerre religieuse entre chrétiens et musulmans et qui ne voit son salut que dans un départ en croisade contre l’Islam.

La France n’est pas épargnée, elle est elle aussi de plus en plus imprégnée de ces idées moyen-ageuses. Le débat sur l’identité nationale lancé par l’UMP est déjà, dans une moindre mesure, un prélude à cette idéologie. La question posée par la majorité ne visait ni plus ni moins à savoir s’il faut encourager en France l’émergence de cultures nouvelles, et en particulier de la culture musulmane ou si, au contraire, il faut leur faire barrage dans la crainte qu’elles n’altèrent notre identité nationale chérie. Au passage, il est sage de préciser que l’identité se caractérise aussi par l’évolution qu’elle peut subir au fil du temps, il est donc normal qu’elle soit altérée.

Le débat sur l ‘identité nationale a finalement été enterré mais d’autres tendances montrent que ce qui s’est passé en Norvège peut tout aussi bien arriver en France. Les apéros saucissons/pinards lancés un peu partout dans le pays en 2010 n’avaient pour but que d’exacerber cette opposition entre musulmans et chrétiens. Bien que les organisateurs de ces manifestations se soient déclarés en faveur de la laïcité, les pages Facebook relatant l’événement étaient d’une violence extrême aussi bien par les mots que par les images. Et visiblement, les participants ne se mobilisaient pas uniquement par soucis de protéger la laïcité. Le terme de croisade y était par ailleurs souvent utilisé.

Des groupuscules chrétiens fondamentalistes se développent également un peu partout en France. Sous couvert d’activités associatives bien sous tous rapports (environnement, culture…), des groupes d’extrême droite comme Dies Irae prônent la violence pour affirmer la suprématie des catholiques sur les musulmans, tout cela est saupoudré d’antisémitisme et de négationnisme. Ces groupes de fanatiques comparables à des factions s’entrainent et se préparent en vue d’une guerre de religions à venir. L’émission Les Infiltrés de France2 avait réalisé un reportage sur ces mouvances intégristes que je vous invite à regarder, les cinq autres parties sont consultables sur youtube.



La France est donc loin d’être à l’abri des risques que représente l’extrême droite, ne serait-ce qu’avec la forte présence du FN sur la scène politique. Ce qui est d’autant plus inquiétant est la part toujours plus importante que la religion prend dans le débat et qui pousse une poignée de fanatiques bien loin d’être fous à défendre par tous les moyens l’utopie d’une identité nationale gravée dans le marbre.

samedi 23 juillet 2011

Votez Poutine et son armée !


En 2012, les Français ne seront pas les seuls à voter. Les Russes devront eux aussi se rendre aux urnes pour élire leur président qui succèdera à Dimitri Medvedev. Son challenger principal ne sera nul autre que son mentor : Vladimir Poutine. C’est pourtant lui même qui avait fait de Medvedev son poulain, le déclarant candidat le plus apte à le remplacer après deux mandats présidentiels qui, en accord avec la constitution russe, lui interdisaient de se présenter une troisième fois consécutive.

Après s’être octroyé un petit mandat sabbatique de Premier Ministre, Poutine repart donc à l’assaut de la fonction présidentielle. Il semble déjà avoir une longueur d’avance sur Medvedev, il faut cependant dire qu’il possède des soutiens de poids !


Diana, une jeune étudiante d’une vingtaine d’année a lancé le 18 juillet sur youtube un clip où elle appelle toutes les femmes de Russie « belles et intelligentes » à tomber le haut pour Poutine. Elle déchire d’ailleurs son tee-shirt à la fin du clip pour afficher son soutien au « leader national ». La vidéo met aussi en scène d’autres jeunes filles en train de bronzer et d’utiliser du matériel Apple dernier cri. Summum de coolitude selon les Russes ? C’est en tout cas ce que semble penser Diana et son mouvement qui s’est donné le nom de « Armia Poutina », l’Armée de Poutine en russe. Un rassemblement de soutien à leur idole était d’ailleurs prévu vendredi 22 juillet sur la place Pouchkine de Moscou avec pour slogan « Je déchire pour Poutine ! ».

Avec ce que l’on peut voir en France, on ne s’étonne pas trop que le débat politique russe puisse être porté par des idées aussi rétrogrades. Ce qui est plus inquiétant c’est de voir à quel point les femmes sont de plus en plus utilisées, sans forcément s’en rendre compte, comme des faire-valoir par les hommes politiques qui veulent exalter leur virilité en ces temps de crise. Sarkozy et son top model, Berlusconi, ses « veline » et ses call-girls et maintenant Poutine et son armée… Cela dit si vous voulez continuer à voir de belles gonzesses votez Poutine !

jeudi 21 juillet 2011

Les concours des écoles de journalisme ne sont pas inaccessibles


Les aspirants journalistes le savent, pour avoir les meilleures chances d’intégrer le métier il faut passer par une école de journalisme. Une petite recherche sur Google vous fera sans doute peur. Sur tous les sites ou presque, vous lirez qu’entrer dans l’une des 13 écoles reconnues par la Commission Paritaire Nationale de l'Emploi des Journalistes (CPNEJ) est un parcours du combattant quasi impossible. La phrase qui revient sans cesse est « beaucoup d’appelés mais peu d’élus » ce qui est en substance vrai. Bien qu’ils soient très difficiles, la réussite à ces concours est pourtant loin d’être inaccessible.

J’ai personnellement passé ces concours et été admis à deux d’entre eux. Evidemment, au regard de cette information vous pourrez penser que mon avis n’est pas objectif, libre à vous de continuer à lire ou non. Je n’ai pas particulièrement travaillé comme un forcené. Je me suis juste astreint à ficher Le Monde ou d’autres journaux au moins 5 fois par semaine et à suivre l’actu en parallèle de mes études à la fac. Connaître l’actualité sur le bout des doigts est la clé de ces concours pour être admissible à l’oral. Avoir des prédispositions pour l’écriture est un plus indéniable mais pas indispensable si ce que vous écrivez est clair, concis et sans fautes d’orthographe. En respectant ces principes, normalement ça passe ! L’anglais peut aussi faire la différence dans la mesure où certains concourants peuvent difficilement combler leurs lacunes en à peine un an.

Si vous arrivez à l’oral ça se complique un peu. La principale qualité qui doit ressortir lors de vos entretiens de motivation est probablement d’avoir une bonne vision d’ensemble de ce qu’est le métier et pour ça pas de mystère le stage est indispensable. Il n’est pas forcément nécessaire pour intégrer certaines écoles mais c’est un gros plus de montrer que vous savez comment fonctionne le milieu du journalisme. Bien connaître les grands médias nationaux et régionaux et ceux qui les dirigent est très important. Discuter avec des journalistes est aussi un bon moyen pour acquérir ces connaissances, trainer sur internet aussi. Montrer que vous maîtrisez bien les nouvelles technologies qui véhiculent l’information est souvent un atout.

Ces conseils ne sont pas infaillibles, d’autant plus que beaucoup d’autres épreuves peuvent apparaître au programme des oraux de certaines écoles et que la sélection se fait aussi sur votre personnalité. Tout cela peut faire peur mais c’est loin d’être insurmontable. Faites le calcul vous-même, avec, en général, une trentaine de places par écoles, pour 13 écoles avec en moyenne 1000/1100 concourants pour les plus gros concours (on retrouve à peu de chose près les mêmes têtes) décrocher une école reste possible. N’oubliez pas qu’il s’agit d’un concours et que ne pas répondre à toutes les questions d’actu n’est en aucun cas rédhibitoire car faire un 100% sur cette épreuve est proprement impossible. Le but est simplement de répondre à plus de questions que vos concurrents. Sur ce, bonne chance pour l’année prochaine !

Quelques liens utiles :





mercredi 20 juillet 2011

Harry Potter, le commencement de la fin ?


Le dernier volet de la saga des Harry Potter est sorti le 13 juillet 2011 et pour tous les fans c’est la fin d’une époque, que dis-je, d’un monde ! Bien que le suspense ait été quelque peu prolongé par la décision de la production de scinder en deux parties Harry Potter et les reliques de la mort, un choix probablement tout autant économique que pratique, aujourd’hui la boucle est bouclée.

Si pour beaucoup, le dernier film est le meilleur de la série, on y trouve pourtant rien de bien révolutionnaire. Son seul intérêt réside dans le dénouement final qui nous fait ENFIN découvrir qui sortira vainqueur de l’affrontement entre le méchant Voldemort et le gentil Harry. Le suspense est toutefois de courte durée pour ceux qui ont déjà lu les livres, il reste néanmoins intéressant de voir les films ne serait-ce pour comparer leur fidélité au récit original de J.K Rowling. Sur ce point rien à redire pour le 7e et dernier opus de la saga.

Le problème des Harry Potter, c’est qu’on va plus les voir par nostalgie d’une jeunesse qui s’éloigne inéluctablement que pour leurs qualités cinématographiques. Les effets spéciaux sont très beaux et la 3D n’est heureusement pas utilisée à outrance ce qui ne pénalise pas le film. Si techniquement Harry Potter et les reliques de la mort est certainement l’un des meilleurs de la série, on reste toujours dans le même schéma : vision manichéenne du bien et du mal, des personnages qui du point de vue moral ont très peu évolué depuis leurs 11 ans (âge des héros dans le 1er épisode). Le summum de la niaiserie arrive avec la dernière scène du film qui projette Harry et ses potes dans le futur. C’était déjà limite dans le livre mais dans le film on touche le fond !

Mais que les fans inconditionnels du sorcier aux petites lunettes rondes se rassurent ce n’est que le début de la fin ! Ce dernier film en date ne sera probablement pas le dernier de la série. Difficile de croire que J.K Rowling et la Warner ne s’assoient sur une poule aux œufs d’or pareille. Parions que les années à venir verront naître des films détaillant l’histoire de Voldemort de sa jeunesse jusqu’à ses premiers méfaits et qui sait, les enfants d’Harry auront peut-être eux aussi d’autres aventures. C’est le problème du bien qui triomphe toujours du mal et des histoires qui finissent toujours bien : on peut les recycler et en faire des suites à l’infini…

lundi 20 juin 2011

Éric Besson se lâche sur Twitter

Le ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique a récemment fait parler de lui en s'emportant sur le plateau de Guy Lagache lors de l'émission Capital. Éric Besson a décidé de quitter le plateau en plein milieu du tournage sans vraiment en expliciter les raisons. L'amorce de Lagache à propos de la sûreté nucléaire en France a apparemment franchement énervé le ministre, elle collait pourtant parfaitement au sujet abordé par l'émission et à l'interview qui suivait.


Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Si M6 a décidé de couper au montage les grossièretés qui auraient été proférées par le ministre, tout le web avait connaissance de ce petit incident. Cela n'a d'ailleurs pas échappé a Twitter qui s'est enflammé autour du sujet le soir de la diffusion de Capital. Besson a été interpellé à maintes reprises par les utilisateurs du réseau social et s'est lui même exprimé via son propre compte. Voici son tweet le plus marquant:



L'intervention n'a pas été du goût de tout le monde. Bien qu'Éric Besson ait décidé de préciser par la suite qu'il s'agissait d'humour, il faut bien admettre que ce genre de plaisanteries n'est pas vraiment ce à quoi l'on s'attend de la part d'un ministre d'État.De nombreux twittos lui ont d'ailleurs fait comprendre le fond de leur pensée et pas toujours de la plus élégantes des manières. Cela confirme bien la tendance selon laquelle de plus en plus de politiques font preuve d'un manque de retenue au regard de la fonction qu'ils occuppent.

En tout cas, si comme il le dit, Besson a permis à Capital de faire plus d'audience, j'espère qu'il permettra aussi à ce blog d'augmenter son nombre de visiteurs. Après tout, en tant que ministre délégué à l'économie numérique ce serait bien la moindre des choses qu'il puisse faire pour moi...

jeudi 16 juin 2011

Ces ex-ministres qui refusent de renoncer à leurs privilèges

Luc Ferry a fait la une de l'actualité suite aux accusations de pédophilie qu'il a lancées contre un ex-ministre sur le plateau du Grand Journal de Canal+. Il se serait certainement bien contenté du tollé provoqué par ces propos. Seulement lorsque l'on remue la merde, il faut s'attendre à recevoir des éclaboussures.

En effet, peu de temps après avoir relayé cette rumeur, l'ancien ministre de l'éducation de Raffarin s'est fait épinglé par Le Canard Enchaîné. Ferry aurait reçu 4500€ par mois par Paris 7 depuis le début de l'année universitaire pour donner des cours de philo qu'il n'a jamais assuré! Pour preuve que l'ex-ministre n'a pas mis les pieds à la fac depuis un bout de temps, il croit encore que Paris 7 se trouve à Jussieu alors qu'elle a depuis longtemps déménagé dans le 13e.

Peu de chances pour que ces révélations soient un retour de bâtons à la rumeur relancée par Luc Ferry. Il s'agirait plutôt d'un collègue universitaire qui, excédé par ces passe-droits, a alerté la presse. L'ancien ministre a évoqué "une erreur administrative". Elle s'expliquerait, selon lui, par le fait que sa mise à disposition de l'Etat ait tardé à être reconduite.

Car si Luc Ferry est mis à la disposition de l'Etat, c'est parce qu'il est le président du Comité d'analyse de la société créée en 2004 (année où il a quitté ses fonctions de ministre, étrange!). Un poste pour lequel il touche 1500€ en plus des 4500 que l'université devait lui verser tout le temps de sa mise à disposition. A tout cela s'ajoute la retraite qu'il touche pour avoir été ministre.

Que l'Etat ait décidé de rembourser Paris 7 pour mettre fin à la polémique est déjà choquant, mais que des ex-ministres comme Ferry refusent de renoncer à leurs anciens privilèges et aillent même jusqu'à en abuser l'est encore plus. Il faudrait rappeler à certain hauts fonctionnaires que l'on ne se met pas au service de l'Etat en tant que ministre dans un but pécunier mais qu'il s'agit plus d'un sacrifice que d'un moyen de toucher une rente à vie.

mercredi 8 juin 2011

Marvin Martin ne sera pas le nouveau Zidane!

La victoire de la France sur l'Ukraine 4 à 1 ne nous a pas rassuré quant au niveau de jeu des bleus, mais elle a au moins eu le mérite de montrer que l'on pouvait compter sur le talent des plus jeunes. Avec une passe décisive et deux buts en 15 minutes lors de sa première sélection, le petit Marvin Martin a montré qu'il avait un sacré potentiel! À condition bien sûr que l'on ne le gâche pas...

J'entends déjà arriver au loin les commentaires de Christian Jean-Pierre et David Astorga dans Téléfoot dimanche: "L'équipe de France a trouvé son nouveau leader", "Une étoile du foot est née" et tout le tralala!

Seulement, il y a deux catégories de joueurs qui marquent deux buts lors de leur première sélection. Les Bafétimbi Gomis, quatre apparitions en bleu et puis s'en va, et les Zinedine Zidane, 108 sélections, 31 buts, une coupe d'Europe et une Coupe du Monde à son palmarès.

Espérons simplement que Marvin Martin, déjà surnommé "MM" par ses coéquipiers en références aux initiales "ZZ" de Zizou, ne se rangera pas dans la catégorie des Gomis. Trop de joueurs que l'on comparait à Zidane comme Meriem ou Pedretti n'ont jamais donné la satisfaction tant attendue. Loin de moi l'idée de dire que tous ces joueurs sont mauvais, ce sont des joueurs lambda et rien de plus. L'exemple encore récent de Gourcuff laisse lui aussi sceptique. Retrouvera-t-il un jour le niveau qui l'a vu faire les beaux jours de Bordeaux? Difficile à dire, mais cela fait un an et demi que ça dure...

Marvin Martin avec tout le talent qu'il peut avoir ne sera jamais Zidane, et avoir le même palmarès que lui à la fin de sa carrière est tout le mal qu'on lui souhaite. Zidane est une légende et c'est pour cette raison que Martin ne l'égalera jamais, à moins qu'il n'en devienne une à son tour, ce qui est loin d'être encore son cas. Alors pour le moment laissons "MM" tranquille.

mardi 7 juin 2011

Ce que DSK a changé...

Pour peu que certains n'en doutent encore, on le sait maintenant, DSK ne sera pas candidat aux primaires et encore moins élu président. On pouvait pourtant se montrer confiant quant à ses chances d'accéder à la fonction suprême. Mais si DSK a hypothéqué ses chances, il semble que rien ne sera jamais plus pareil après lui.

Car l'ex-directeur du FMI et ses écarts peuvent se targuer d'avoir complétement modifié le rapport des français à la politique, et pas nécessairement en mal. Partout en France on parle de lui et cela soulève dans les discussions la question de la politique. Dans les familles, les groupes d'amis, entre collègues, chez les jeunes et les moins jeunes, on débat et chacun y va de son intime conviction. Complot? Pas complot? Viol? Pas viol? De gauche? Pas de gauche? Mais cela ramène inéluctablement sur le tapis la question de la présidentielle 2012.

DSK aurait-il fait un bon président? C'est l'interrogation qui revient dans toutes les bouches. Les gens se demandent ce qu'il aurait pu faire ou au contraire ce qu'il n'aurait pas fait pour changer la France. Tout autour de moi j'entends des personnes parler de cette affaire. L'aspect fait divers est le premier à être abordé mais faute de matière, l'aspect politique reprend vite le dessus.

En essayant de séduire ou violer (il faut bien avouer que ce n'est pas encore très clair) la femme de chambre du Sofitel de Manhattan, DSK a marqué l'histoire politique française. Certes, pas dans le bon sens du terme, mais il a peut-être réveillé la conscience politique des français car à un peu moins d'un an de la présidentielle de 2012, on ne les a jamais vu si concernés par le sujet. À se demander si DSK n'aurait pas tout changé bien malgré lui...

lundi 9 mai 2011

Un bébé ? Quelle drôle d’idée !

La rumeur était pressante. « Carla Bruni aurait passé une échographie », « elle aurait stoppé la cigarette » et comme l’ont remarqué Yann Barthes et le Petit Journal, elle ne se tient plus debout sans négligemment laisser tomber son châle de façon à ce qu’il recouvre son ventre. Il n’en fallait pas plus pour que tout le monde en déduise l’arrivée prochaine d’un heureux événement. Une rumeur que la principale interessée n’a ni démentie, ni confirmée mais qui semblerait ne plus être un secret pour personne à l’Elysée.

Nous parlons ici d’affaires privées mais cela peut tout aussi bien avoir une grande importance dans le champ politique. Avec un père au plus bas dans les sondages, ce bébé pourrait être d’une aide considérable. Sarkozy avait déjà choisi de mettre en avant sa vie privée pour se faire élire en 2007, mais aujourd’hui qui se soucie de voir à quoi ressemblent les grands enfants du président ?

Si les calculs sont bons le petit dernier devrait naître aux alentours de janvier/février 2012 soit deux mois avant la présidentielle. Sachant qu’un président père d’un nouveau né est inédit, nul doute que le bilan calamiteux du premier mandat de Sarkozy sera vite oublié par les électeurs au profit des pages people de Paris Match qui publieront bien évidemment les premières photos du petit. Maintenant, pour être Président, il ne suffit plus d’avoir des enfants, il faut aussi en faire. Une bien étrange stratégie politique…

mardi 3 mai 2011

Ben Laden est mort, et alors ?


La nouvelle a fait le tour du monde en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, Oussama Ben Laden le chef d’Al-Qaeda, a été tué par un commando américain au Pakistan. L’annonce de la nouvelle a déclenché des manifestations de joie dans tous les Etats-Unis. Des images qui ressemblaient étrangement à celles provenant de certains pays arabes à l’annonce des attentats du 11 septembre.

Le peuple américain voulait sa revanche, il l’a finalement eu. Mais concrètement cela change-t-il réellement la donne ? En tuant Ben Laden, l’armée américaine n’a mis fin qu’à un symbole, mais la jubilation qui régnait au pied de Ground Zero dans la nuit du 1er au 2 mai peuvent laisser penser que pour une majorité d’Américains la guerre contre le terrorisme est finie.

Il est clair qu’Al-Qaeda aura beaucoup de mal à se relever de la mort de son leader mais les groupuscules plus ou moins affiliés à « la Base » ne cesseront pas d’agir pour autant. Les attaques d’envergures telles que celle du 11 septembre ne se reproduiront sans doute pas car Al-Qaeda était déjà affaiblie bien avant la mort de Ben Laden. En témoigne ces imprimantes chargées d’explosifs envoyées par avion et destinées à des synagogues de Chicago qui n’auraient nécessité qu’un investissement de 5000$. Un coût minime pour une opération terroriste.

Depuis plusieurs années maintenant, Al-Qaeda se contente de prendre en otage des occidentaux et de monter des opérations isolées qui se soldent souvent pas des échecs. La mort de Ben Laden n’y changera rien. Il restera un symbole pour tous les Djihadistes mais le terrorisme a commencé avant Ben Laden et il lui survivra encore longtemps.

vendredi 8 avril 2011

Marine Le Pen enfin rattrapée par la brigade!

On la croyait intouchable. Après les dérapages plus ou moins incontrôlés de son père, tous les commentateurs affirmaient que Marine Le Pen avait lissé l'image du FN en le rendant plus fréquentable, moins ouvertement xénophobe et raciste même s'il le reste sans nul doute profondément. Du paternel provocateur à la gouaille dévastatrice, nous sommes passés à sa progéniture plus calculatrice et plus pondérée. Jamais un mot plus haut que l'autre, si ce n'est de temps en temps, une petite phrase magistralement distillée pour continuer à faire parler d'elle.

Tous les politiques ou presque traînent des casseroles. De la "bravitude" de Royal à F.Mitterand et ses bouquins sulfureux, en passant par Hortefeux et ses propos sur les Auvergnats ou encore Dati et l'entrain dont elle faisait preuve au Parlement européen, ils ont tous payé chers leurs errements, bien aidés par les médias lorsqu'il s'agit de diffuser en boucle leurs bourdes.

Pourtant Marine Le Pen n'a jamais eu droit à ce traitement de faveur pour la simple et bonne raison qu'elle n'a jamais été épinglée. Bien que ses absences au Parlement européen soient toutes justes réglementaires pour qu'elle puisse toucher son salaire, jusqu'ici rien à redire si l'on exclut ses idées politiques. Mais manque de bol lorsque l'on fait 20% dans les sondages il y a un revers de la médaille. Un groupe antifasciste a ressorti une photo de Marine Le Pen, qui daterait de 2006, prenant la pose en compagnie de deux néo-nazis. Un comble pour celle qui se veut être la plus républicaine de tous les candidats à la présidentielle.
Visiblement peu observatrice, la présidente du FN s'est défendue en arguant qu'elle ne savait pas à qui elle avait affaire et qu'elle n'aurait pas remarqué la croix gammée à demie-cachée par une tête de mort sur le pull d'un des deux zozos. Personne ne doute que si le très zélé service d'ordre du FN en eut été informé cela se serait passé autrement. Espérons que Marine Le Pen aura à répondre de ce "petit dérapage" et que les médias lui réserveront le même régime qu'à ses collègues. Néanmoins, plus personne ne s'étonne vraiment que ce genre de militants fasse partie intégrante du Front National, l'affaire risque donc de rester au fond du tiroir pour un bon moment...

jeudi 31 mars 2011

L’iPad 2 est sorti… et maintenant ?


Le tout nouveau joujou d’Apple est sorti en France il y a maintenant à peu près une semaine mais si vous voulez vous le procurer sur le site de la marque à la pomme, il vous faudra attendre au bas mot quatre semaines. Comme à chaque sortie d’un nouveau produit Apple, les acheteurs potentiels font face à une pénurie, à tel point que certains se demandent si Steve Jobs n’est pas personnellement derrière tout ça, car c’est bien connu ce qui est rare suscite la convoitise.

Tant est si bien que ceux qui se sont rués sur les stocks pour être les premiers à posséder la précieuse tablette fanfaronnent en vantant ses qualités. Pourtant à y regarder de plus près l’iPad 2 n’apporte pas grand chose à la première mouture. Il est certes plus fin, doté d’un processeur plus rapide et permet de faire de la visioconférence. Pas vraiment de quoi, bazarder son iPad pour acheter cette mise à jour camouflée par le soi-disant lancement d’un nouveau produit révolutionnaire.

Mais après tout, tout cela, on le savait déjà. Apple étant maître en la matière de faire racheter à ses FanBoys un produit qu’ils possèdent déjà, il ne fallait pas vraiment s’attendre à autre chose. Les seuls changements qui pourraient être remarquables seraient la présence de ports USB et SD ainsi que d’un écran rétina qui ferait néanmoins exploser le prix du bidule.

Ne mélangeons cependant pas tout, l’iPad, que ce soit le premier ou le deuxième du nom, reste un très bon produit, si ce n’est le meilleur de sa catégorie, mais la vraie révolution viendra lorsqu’Apple nous proposera une tablette pouvant par exemple intégrer Mac OS X. Reste à savoir quand est ce que ce jour viendra.

jeudi 3 mars 2011

True Grit : le western à la sauce Coen


Il y avait bien longtemps que le cinéma américain ne nous avait pas sorti un petit western. Le genre n'est aujourd'hui plus franchement à la mode et fais pâle figure face à la débauche d'effets spéciaux utilisés dans les films de science fiction, ne parlons même pas de la 3D qui aujourd'hui s'immisce partout pour le meilleur et pour le pire.

Si ma mémoire est bonne, la dernière tentative de western digne de ce nom était le très mitigé "Apaloosa" avec entre autre Ed Harris et Renée Zelwegger. Là avec True Grit, les frères Coen ont vraiment remis au goût du jour un genre qui semblait dépassé. Le casting y est d'ailleurs pour beaucoup. Jeff Bridges est tout simplement au sommet de son art dans son rôle de marshall alcoolique sans pitié mais aussi paradoxalement très bavard et sachant faire preuve de grand cœur. Matt Damon est à peine reconnaissable dans son personnage de Ranger texan un peu simplet, et les passes d'armes verbales qui l'opposent à Bridges sont souvent très croustillantes. Seule, Hailee Steinfeld dans le rôle de l'adolescente voulant venger son père, est un ton au-dessous mais son personnage est aussi bien moins intéressant.
Cela dit, les frères Coen renouvellent le western avec brio et l'on en attendait pas moins d'eux. Les images du grand ouest américain sont superbes et le film est si travaillé que même les scènes les plus sérieuses peuvent parfois faire sourire tellement les Coen s'amusent avec le genre. On ne sait jamais vraiment s'ils cherchent à être ironiques en abusant des clichés du western ou s'ils veulent tout simplement être au plus prêt des classiques du 20e siècle. C'est en tout cas très probablement ce qui fait de True Grit un très bon film que l'on peut sans doute se permettre d'introniser en cette période de cérémonies de récompenses "meilleur western du 21e siècle".

mardi 22 février 2011

Boris Boillon, la star de la diplomatie française?


On parle actuellement beaucoup de Boris Boillon et pour des raisons très diverses. Que cela soit pour ses écarts de language face aux journalistes tunisiens ou pour sa photo de profil sur le site copainsd'avant qui pourrait faire la une du magazine GQ, on a rarement autant entendu parler d'un ambassadeur. Celui que Sarkozy surnomme "mon petit arabe" était déjà apparu dans les médias il y a quelques semaines, entre autre dans un reportage d'envoyé spécial et sur le plateau du Grand Journal du temps où il était encore ambassadeur de France à Bagdad.

Il faut dire que l'individu est plutôt télégénique. A 41 ans, sa belle gueule et sa proximité avec le Président en font indéniablement la superstar de la diplomatie française qui, comme en général toutes les diplomaties, ne traine pas une image très glamour. Pourtant, son détracteur le plus virulent jusqu'ici s'avère être une femme! Marine Le Pen invitée de l'émission Dimanche Soir Politique sur i>Télé, s'en est violemment prise au tout nouvel ambassadeur de France en Tunisie. Brandissant une photo de Boris Boillon provenant du site copainsd'avant torse nu sur une plage, un peu comme l'avait fait en son temps Christine Boutin et sa Bible à l'Assemblée Nationale, elle a demandé la démission immédiate du diplomate pour "l'honneur et pour la dignité des Français mais aussi pour la dignité des Tunisiens".

Il est vrai que lorsqu'il s'agit de rendre sa dignité à un peuple opprimé, la famille Le Pen est en première ligne! Jean-Marie a beaucoup œuvré pour la liberté du peuple algérien pendant la guerre d'Algérie, c'est bien connu. Le problème de Marine Le Pen, c'est qu'elle attaque plus Boris Boillon pour ce qu'il est : un homme beau, musclé, inscrit sur le site copainsd'avant, plutôt que sur ce qu'il a dit! Un ambassadeur se doit de montrer un minimum de retenue dont M. Boillon n'a pas franchement fait preuve, mais il a au moins le mérite de connaître plutôt bien le Proche et Moyen Orient et d'être parfaitement arabophone.

Boris Boillon a clairement dérapé en qualifiant les questions des journalistes tunisiens de "nulles". Mais si Mme Le Pen s'attachait plus au fond qu'à la forme, elle aurait pu s'exprimer sur la stupidité de l'Ambassadeur. Il explique clairement aux journalistes qu'il ne se laissera pas piéger en faisant des déclarations pouvant faire le "buzz" mais il ne remarque même pas la caméra qui ne perd pas une miette des propos qu'il va tenir devant ces journalistes. Des propos qui feront peu de temps après le "buzz" sur Facebook et la une des journaux...

jeudi 3 février 2011

Facebook a 7 ans!


On le sait bien, dans le petit monde d'Internet tout va très vite! Alors que Google semblait intouchable, un petit nouveau est arrivé et s'est fait sa place au soleil en trois coups de cuillère à pot : Facebook. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de l'incontournable réseau social qui, n'en déplaise à Valérie Pécresse, n'a pas un an mais sept. C'est donc le bon moment de tirer un petit bilan de cette success story et de voir les enseignements que nous, utilisateurs, en avons tiré.

En sept ans Facebook a conquis plus de 500 millions d'utilisateurs à travers le web, a fait de son créateur, Mark Zuckerberg, le plus jeune milliardaire du monde, a été l'objet d'un film de David Fincher (The Social Network) et a été à la base du concept de "révolution 2.0" qui aurait largement contribué à la chute de Ben Ali en Tunisie. Ça fait beaucoup pour un seul site, d'autant plus que sa création part de l'idée toute simple de mettre l'internaute en relation virtuelle avec ses amis dans un but purement récréatif.

Récréatif, le réseau social ne l'est pas resté longtemps. Ses utilisateurs l'ont vite compris mais certainement pas aussi vite que Zuckerberg. Il a rapidement eu l'idée de le monétiser au travers d'un système publicitaire personnalisé à l'extrême. Car Facebook sait tout de nous, les services secrets du monde entier seraient d'ailleurs prêt à beaucoup de choses pour avoir un accès illimité aux serveurs du réseau.

Facebook est rentré insidieusement dans nos vies que nous partageons dorénavant entre la réalité et le virtuel. Il a tout changé! Adieu Meetic, on drague maintenant sur Facebook : le champ "en couple" ou "célibataire" rajouté par Zuckerberg peu de temps après le lancement du site est l'élément qui a fait décoller le réseau, on se donne des rendez-vous, on poste des photos... C'est comme écrire notre autobiographie en temps réel sur des serveurs situés à 12 000 km de là. Tout le monde est concerné, les boîtes de com' emploient des gens à plein temps pour gérer leur page Facebook, et les politiques, qui ont bien compris l'intérêt de la chose, s'y mettent de plus en plus quand bien même ils n'y connaissent rien.

Devant cette emprise tentaculaire de Facebook sur nos vie, il s'agit donc de respecter quelques principes de base pour éviter les ennuis:

- Ne surtout pas lancer l'idée d'un apéro géant quelconque, où que ce soit en France sous peine de finir au poste parce que vous avez tapoté sur votre clavier pour organiser un rassemblement non autorisé par la loi.
- Ne pas non plus lancer l'idée d'un apéro saucisson/pinard à la Goutte d'Or. Vous passeriez pour un catholique ultra-conservateur fascisant (ce que vous êtes peut-être) et vous finiriez au poste. De manière générale l'apéro est à proscire sur Facebook!
- Ne pas dire du mal de son patron entre collègues sous peine d'être viré pour ensuite être débouté aux prudhommes.
- Sélectionnez les photos que vous postez! Si votre patron voit une photo de vous à moitié à poil en train de faire la fête alors que vous vous êtes fait porter pâle le jour même, ça risque de ne pas passer.
- Surtout ne mentez pas à votre femme sur votre emploi du temps. Il y aura toujours un bon copain pour vous envoyer un chaleureux message sur votre wall révèlant à tous vos contacts que vous étiez dans un endroit dans lequel vous ne devriez pas vous trouver. Ça peut être pire si l'endroit se transforme en une personne...

Facebook tu as rendu nos vies encore plus compliquées qu'elles ne l'étaient déjà mais bon anniversaire quand même! Sept ans ça se fête. Quant à vous j'espère que vous "likerez" cet article sur votre page Facebook...

L'école de la Légion d'honneur ou la faillite du système éducatif français?

L'émission "Complément d'Enquête" de France 2 du 31 janvier a diffusé un reportage sur la prestigieuse école de la Légion d'honneur. Assez méconnue des français, cet établissement secondaire voulu par Napoléon accueille depuis deux siècles les jeunes filles comptant dans leur arbre généalogique des ancêtres ayant été décorés de la Légion d'honneur, de la Médaille militaire ou encore de l'Ordre national du mérite.

Bien qu'étant public, l'établissement fonctionne "à l'ancienne" : pas de mixité, port de l'uniforme et révérence obligatoire, respect et travail sont bien entendu de rigueur et l'obéissance à l'autorité est une condition non négociable pour espérer faire un jour partie des statistiques affichant 100% de réussite au bac dont 90% de mention! Toutes ces valeurs peuvent sembler un peu désuètes, mais nul doute que beaucoup d'enseignants titulaires d'un poste dans un établissement public "classique" révéraient de pouvoir en faire appliquer certaines. Ne serait-ce seulement pour enseigner plutôt que de faire la police. Et c'est là que le bât blesse. Dans un pays où l'instruction se veut gratuite, obligatoire et assurée par l'Etat, comment expliquer l'existence un fossé aussi énorme entre un établissement public comme l'école de la Légion d'honneur et tous les autres?

Il est utile de le répèter, l'école de la Légion d'honneur est un établissement public, et pourtant tout l'oppose aux autres structures éducatives publiques dites "classiques". On y dispose de gros moyens, il y a peu d'élèves par classe, seules les filles y sont admises et comble du comble pour une école républicaine, on y accède de façon héréditaire puis par sélection sur dossier. En effet, l'école reçoit quatre fois plus de demandes d'inscription qu'elle ne dispose de places. Être bien née ne suffit donc pas il s'agit aussi d'avoir un dossier scolaire béton.

Napoléon a créé l'école à la suite de la bataille d'Austerlitz pour éduquer les orphelines des soldats tués et décorés de la Légion d'honneur. Force est de constater qu'aujourd'hui la Légion d'honneur n'est plus franchement attribuée dans les mêmes conditions et les pensionnaires de l'école ne sont plus des orphelines pupilles de la nation. Bien évidemment l'école accueille toujours des jeunes filles issues de milieux défavorisés dont l'arrière arrière-père a été décoré pour service rendu à la République. Mais aujourd'hui, bien rares sont les français "lambda" à être décorés. Lorsque le journaliste du reportage fait remarquer à la superintendante de l'école que ce critère de sélection héréditaire est totalement inégalitaire et contraire aux principes républicains, cette dernière rétorque qu'elle n'y voit aucun problème et qu'il s'agit d'un juste retour des choses de la part de la France aux descendants de ceux qui lui ont beaucoup apporté.

Seulement, au 21e siècle la Légion d'honneur n'a pas du tout la même signification qu'il y a 200 ans et elle est uniquement attribuée à une élite. Aucune raison ne justifie que les filles de Daniela Lumbroso ou de Michael Schumacher (oui, oui il a la Légion d'honneur!) aient droit à des faveurs de l'éducation nationale alors que beaucoup d'élèves de milieux sociaux bien plus défavorisés auraient tout autant, si ce plus, besoin d'un enseignement d'une telle qualité.

Si l'école de la Légion d'honneur a par bien des aspects un petit côté "réac'" qu'il serait bien mal venu de transposer dans tous les établissements publics, il faut bien admettre que la méthode fait ses preuves. Cela montre bien le paradoxe du système éducatif français qui se veut être à la fois accessible au plus grand nombre tout en délivrant un enseignement d'excellence sans pour autant s'en donner réellement les moyens. Cela a conduit l'éducation nationale à faire du bac un passage obligé pour chaque élève en dévalorisant un diplôme qui, il y a 50 ans était souvent suffisant pour trouver travail correct. Aucune sélection n'est effectuée pour rentrer au lycée alors qu'elle serait absolument nécessaire pour éviter les erreurs d'orientations et élever le niveau scolaire, quitte à baisser le nombre de bacheliers et ainsi valoriser les filières professionnelles.

L'école de la Légion d'honneur est donc bien l'illustration d'un système éducatif à deux vitesses qui utilise des moyens que l'on oserait jamais généraliser à toutes les structures publiques. Il ne s'agit ici bien évidemment pas d'utiliser des critères héréditaires, d'exiger la révérence et le port de l'uniforme mais d'augmenter les moyens, de diminuer les effectifs des classes et de sélectionner et orienter les élèves suivant leurs capacités. Le tort que réprésente l'école de la Légion d'honneur n'est pas tant celui d'exister, bien que les valeurs qu'elle prône ne soit pas franchement en adéquation avec celles de la République, mais de marginaliser les résultats de l'ensemble de l'éducation nationale qui ne fonctionne clairement pas selon les mêmes principes, ni avec les mêmes moyens.